salut tonton!!!!
Tonton Sigismond :trente ans d'antenne et puis s'en va
samedi 28.06.2008, 04:55 - FLORENT MOREAU
Il est devant un micro depuis l'époque des radios pirates. Tonton Sigismond, célèbre voix de France Bleu Nord, animera sa dernière émission cet après-midi. Après trois décennies passées sur les ondes, il part à la retraite.
Il y a une question qui se promène dans les couloirs de France Bleu en ce moment : arrivera-t-il vraiment à lâcher le micro comme ça, lui qui est à l'antenne depuis la naissance de Radio France Fréquence Nord en 1980, l'ancien nom de la station ? On lui a demandé mercredi, mais Tonton Sigismond nous a répondu de même qu'aux autres : « Honnêtement, je n'en sais rien. Pour le moment, je ne suis pas dans la situation, j'ai vraiment du mal à imaginer. » Cet après-midi à 17 heures, au terme de sa dernière émission, il saura.
Cela fait vingt-huit ans que Tonton Sigismond officie sur les ondes de Radio France. « Hit parade », « Solo club », et jusqu'à aujourd'hui « Tonton, une chanson », c'est lui, le passionné de musique, dont la discothèque personnelle compte plusieurs milliers de disques. On ne peut pas vraiment dire que la passion lui est venue sur le tard : dès le collège, il se souvient avoir proposé ses services à Radio Caroline, la station pirate qui émettait depuis un bateau en mer du Nord. Il débute à la fac, époque clandestine de Radio Campus, avec déjà « l'envie de faire découvrir des disques ».
C'est dans ces années-là que le Lillois Dominique Pattou prend le surnom de « Sigismond », rapport au personnage d'une pièce de Calderon qu'il a interprétée lors de ses études en Espagne. « Tonton » sera attribué plus tard par ses techniciens, au temps de Radio France Fréquence Nord avec laquelle il collabore dès sa création, en 1980.
Trois décennies derrière un micro : ils ne sont pas nombreux à pouvoir se vanter d'être sur la même longueur d'ondes. Sa période préférée ? « Les années quatre-vingt en bloc. Y avait des tas d'artistes, je faisais le hit parade avec des jingles et des tas de trucs. »
Lui qui a été « baigné par le rock » dans sa jeunesse a pu côtoyer un paquet d'artistes : il cite Bruel, Dutronc, Nick Mason des Pink Floyd ou encore Stewart Copeland de Police. Mais quand on lui demande une rencontre en particulier, il hésite et préfère parler des équipes de techniciens avec lesquels il a travaillé. Il a peur que ça fasse un peu « gnangnan » de dire ça, mais on sent bien qu'il est sincère : « Les artistes, c'est une chose mais, dans ce métier, il y a aussi des gens avec qui on travaille. Les techniciens m'ont beaucoup épaulé, c'est pas mon truc à moi tout seul, y a tout un esprit d'équipe. Surtout que j'étais très timide à l'époque. » Ça n'a pas l'air de s'être arrangé avec le temps : « Il n'aime pas parler de lui », confie un proche.
Pourquoi arrêter maintenant ? « Je ne sais pas. Si je dis "place aux jeunes", ça fait un peu bête. » C'était le bon moment pour dire stop, point final. Même si, encore une fois, il ignore à quoi ressemblera l'« après », il sait que « la vie ne va pas s'arrêter », parle de voyages, de BD à lire et bien sûr de disques à écouter.
Ce jour-là, alors qu'on le quitte, il part pour l'un de ses derniers reportages, en Belgique. Il nous remercie de s'intéresser à lui, s'enquiert du jour de parution de l'article et insiste : « C'est pas la peine d'en faire trop. »
> « Tonton, une chanson », aujourd'hui de 14 h à 17 h sur France Bleu Nord.