nos cafes concerts en danger!!!!
Le café concert : un lieu incontournable de la scène culturelle française
Bars musicaux ou café’conç’, comme ils sont nommés familièrement, sont les lieux les plus touchés par la réforme. Vivier de la culture musicale française, leur existence de près de deux siècles ne s’est pourtant pas faite sans embûches…
Ancêtre des « cafés chantants », les cafés concerts émergent dans le contexte révolutionnaire de la fin du XVIIIème siècle. Apparition brève, puisque la censure fera une énième victime en cette première moitié des années 1800, réhabilités, de nouveau censurés, cette période d’instabilité prendra fin en 1864, date à laquelle les privilèges, dont jouissaient jusqu’à présent les théâtres, sont abolis.
Débute alors l’âge d’or des cafés concerts : ce type d’établissement se généralise, la clientèle s’accroît, il s’inscrit alors au panthéon des loisirs français.
Début XXème, le cinéma fait sa grande apparition et signe le déclin progressif tout au long du siècle des café’conç’. Néanmoins, il demeure un élément constitutif du cadre culturel à la française, foyer d’une culture populaire il est pour beaucoup d’artistes, encore aujourd’hui, une scène formatrice et parfois même un tremplin dans leur carrière.
A l’origine de la carrière de nombreux artistes tels que Léo Ferré, Jacques Brel, ou encore Les têtes raides, la Tordue, l’avenir des café’conç pose la question du devenir des artistes et de l’hétérogénéité musicale.
Lieu de diffusion d’une culture alternative, ils offrent aux groupes une scène sans limite de style ou de « potentialité commerciale » contribuant ainsi au rayonnement culturel régional dans toute sa diversité. Ce type d’établissement constitue, en outre, une formation pour les artistes amateurs qui se frottent au contact et au jugement d’un public à convaincre.
En déc 1998 le gouvernement avait accordé une année aux « salles de moins de 400 places diffusant à titre habituel de la musique amplifiée » pour réaliser une étude acoustique et évaluer le montant des travaux. Les investissements attendus pour une remise aux normes sont généralement colossaux.
A titre d’exemple : Au café concert, le Sablier à Rennes. A l’époque, selon le devis d’un cabinet d’acoustique agréé, la mise aux normes anti-bruit coûterait entre 450 000 et 500 000 francs. Suite au décret, on estime que 30% des lieux ont du fermer ou cesser leur programmation musicale.
Quasiment 10 ans après la mise en vigueur du décret de 1998, comment les cafés concerts et autres bars musicaux se sont adaptés au cadre législatif ? Adaptation, fermeture, ou encore illégalité : quelle situation prévaut aujourd’hui ?
II) Leur plus grand obstacle: le décret de 1998
La musique tant aimée et tant décriée ! Aimée lors de journées précises comme le 21 juin, lors des festivals d’été en plein air… Décriée quand elle est supportée au quotidien et comparée à du bruit. Vaste notion puisque le bruit n’est pas perçu de la même façon par tous et sa tolérance varie en fonction des personnes. Les lieux musicaux font généralement les frais de cette situation. Ils sont soumis à des règles très voire trop strictes…
Des politiques ont été et sont menées en matière de lutte contre le bruit dans les villes. Le problème des nuisances sonores est devenu un véritable enjeu de société. En décembre 1998, un décret concerne les établissements diffusant à titre habituel de la musique amplifiée à l’exception
- des salles dont l’activité est réservée à l’enseignement de la musique et de la danse
- des salles affectées à la représentation d’oeuvres audiovisuelles ou cinématographiques
- des théâtres s’ils n’accueillent pas de spectacles musicaux
- des locaux de répétition sans public
- des studios d’enregistrement
Pas de distinction entre les établissements construits après l’entrée en vigueur du décret et ceux existants à cette date, tous sont logés à la même enseigne ! Le décret vise aussi les discothèques ou bars qui organisent des concerts, y compris si ces lieux ne sont exploités que certains mois dans l’année ou certains jours de la semaine !
Il impose
- une limitation du niveau sonore à 105 dB (A)* en niveau sonore et à 120 dB (A) en niveau de crête
*(A) la mesure est effectuée selon une règle d’atténuation prédéfinie et normalisée.
Difficile de se faire une idée !
- une étude de l’impact des nuisances sonores avec une description des dispositifs pour limiter le niveau sonore, et avec les émergences aux valeurs fixées par le décret selon la situation de l’établissement : contigu ou non.
- un limiteur de pression acoustique dans les locaux contigus quand l’isolement ne permet pas de respecter ces valeurs d’émergence.
Et en cas de non respect ? Une contravention de 5e classe (1500€/personne physique, 7500€/personne morale) est établie. Elle est doublée en cas de récidive. Le juge peut aussi condamner les auteurs des bruits à des peines complémentaires :
- la saisie du matériel
- la fermeture administrative provisoire de l’établissement en cause
- la réalisation de travaux
La situation des lieux musicaux devient de plus en plus difficile : il ne faut pas oublier qu’ils doivent aussi s’adapter à la récente loi anti-tabac ! Ils doivent aussi prévoir de créer ou aménager un emplacement réservé aux fumeurs en respectant une série de mesures draconiennes et en ayant l’avis favorable du comité d’hygiène et de sécurité. [Plus d’infos sur le dossier du mois de mars]article lille la nuit .com
Bars musicaux ou café’conç’, comme ils sont nommés familièrement, sont les lieux les plus touchés par la réforme. Vivier de la culture musicale française, leur existence de près de deux siècles ne s’est pourtant pas faite sans embûches…
Ancêtre des « cafés chantants », les cafés concerts émergent dans le contexte révolutionnaire de la fin du XVIIIème siècle. Apparition brève, puisque la censure fera une énième victime en cette première moitié des années 1800, réhabilités, de nouveau censurés, cette période d’instabilité prendra fin en 1864, date à laquelle les privilèges, dont jouissaient jusqu’à présent les théâtres, sont abolis.
Débute alors l’âge d’or des cafés concerts : ce type d’établissement se généralise, la clientèle s’accroît, il s’inscrit alors au panthéon des loisirs français.
Début XXème, le cinéma fait sa grande apparition et signe le déclin progressif tout au long du siècle des café’conç’. Néanmoins, il demeure un élément constitutif du cadre culturel à la française, foyer d’une culture populaire il est pour beaucoup d’artistes, encore aujourd’hui, une scène formatrice et parfois même un tremplin dans leur carrière.
A l’origine de la carrière de nombreux artistes tels que Léo Ferré, Jacques Brel, ou encore Les têtes raides, la Tordue, l’avenir des café’conç pose la question du devenir des artistes et de l’hétérogénéité musicale.
Lieu de diffusion d’une culture alternative, ils offrent aux groupes une scène sans limite de style ou de « potentialité commerciale » contribuant ainsi au rayonnement culturel régional dans toute sa diversité. Ce type d’établissement constitue, en outre, une formation pour les artistes amateurs qui se frottent au contact et au jugement d’un public à convaincre.
En déc 1998 le gouvernement avait accordé une année aux « salles de moins de 400 places diffusant à titre habituel de la musique amplifiée » pour réaliser une étude acoustique et évaluer le montant des travaux. Les investissements attendus pour une remise aux normes sont généralement colossaux.
A titre d’exemple : Au café concert, le Sablier à Rennes. A l’époque, selon le devis d’un cabinet d’acoustique agréé, la mise aux normes anti-bruit coûterait entre 450 000 et 500 000 francs. Suite au décret, on estime que 30% des lieux ont du fermer ou cesser leur programmation musicale.
Quasiment 10 ans après la mise en vigueur du décret de 1998, comment les cafés concerts et autres bars musicaux se sont adaptés au cadre législatif ? Adaptation, fermeture, ou encore illégalité : quelle situation prévaut aujourd’hui ?
II) Leur plus grand obstacle: le décret de 1998
La musique tant aimée et tant décriée ! Aimée lors de journées précises comme le 21 juin, lors des festivals d’été en plein air… Décriée quand elle est supportée au quotidien et comparée à du bruit. Vaste notion puisque le bruit n’est pas perçu de la même façon par tous et sa tolérance varie en fonction des personnes. Les lieux musicaux font généralement les frais de cette situation. Ils sont soumis à des règles très voire trop strictes…
Des politiques ont été et sont menées en matière de lutte contre le bruit dans les villes. Le problème des nuisances sonores est devenu un véritable enjeu de société. En décembre 1998, un décret concerne les établissements diffusant à titre habituel de la musique amplifiée à l’exception
- des salles dont l’activité est réservée à l’enseignement de la musique et de la danse
- des salles affectées à la représentation d’oeuvres audiovisuelles ou cinématographiques
- des théâtres s’ils n’accueillent pas de spectacles musicaux
- des locaux de répétition sans public
- des studios d’enregistrement
Pas de distinction entre les établissements construits après l’entrée en vigueur du décret et ceux existants à cette date, tous sont logés à la même enseigne ! Le décret vise aussi les discothèques ou bars qui organisent des concerts, y compris si ces lieux ne sont exploités que certains mois dans l’année ou certains jours de la semaine !
Il impose
- une limitation du niveau sonore à 105 dB (A)* en niveau sonore et à 120 dB (A) en niveau de crête
*(A) la mesure est effectuée selon une règle d’atténuation prédéfinie et normalisée.
Difficile de se faire une idée !
- une étude de l’impact des nuisances sonores avec une description des dispositifs pour limiter le niveau sonore, et avec les émergences aux valeurs fixées par le décret selon la situation de l’établissement : contigu ou non.
- un limiteur de pression acoustique dans les locaux contigus quand l’isolement ne permet pas de respecter ces valeurs d’émergence.
Et en cas de non respect ? Une contravention de 5e classe (1500€/personne physique, 7500€/personne morale) est établie. Elle est doublée en cas de récidive. Le juge peut aussi condamner les auteurs des bruits à des peines complémentaires :
- la saisie du matériel
- la fermeture administrative provisoire de l’établissement en cause
- la réalisation de travaux
La situation des lieux musicaux devient de plus en plus difficile : il ne faut pas oublier qu’ils doivent aussi s’adapter à la récente loi anti-tabac ! Ils doivent aussi prévoir de créer ou aménager un emplacement réservé aux fumeurs en respectant une série de mesures draconiennes et en ayant l’avis favorable du comité d’hygiène et de sécurité. [Plus d’infos sur le dossier du mois de mars]article lille la nuit .com
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