l histoire du groupe stocks

Publié le par alain


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Copie-de-figaro.jpgbertignac.jpgNous avons commencé en 1982 en sortant un album live (" Enregistré en public " Warner) en public chez nous à Lille.
En 1984 est paru notre deuxième album, celui-ci conçu en studio (" Eclats de rock " CBS). Par la suite il y a eu de nombreuses tournées, dont deux d'importance aux USA, puis un break d'une dizaine d'années .
Enfin, l'occasion nous a été donnée de faire un troisième album ( " 3 " Wagram) avec à la basse notre bassiste précédent (Arnaud Delbarre aujourd'hui à la tête de l'Olympia de Paris).
Nous avons invité monsieur Jean-Claude Camus lors d'un concert à " La Boule Noire " à Paris. Ce dernier à été séduit par notre prestation. Il nous a dit qu'il recherchait un groupe comme le notre pour assurer la première partie de Johnny sur la Tournée des Stades…

Quelles sont tes influences ?
Le rock'n roll était riche dans les années 80, il y avait beaucoup de groupes intéressants. Personnellement j'aimais beaucoup la démarche artistique de Rory Gallagher. Je l'ai par ailleurs bien connu et j'ai joué avec lui. C'était quelqu'un de très énergique, un troubadour des temps modernes. J'adore AC/DC et je suis un grand fan de ZZ TOP pour le côté rock-blues texan. D'une façon générale, je suis assez amateur des " power-trio " - c'est à dire des groupe constitués d'une basse-batterie-guitare. Un exercice de style assez difficile où on a pas trop le droit à l'erreur. Enfin quelqu'un comme Eric Clapton ne me laisse pas insensible. Tout comme mon ami Norbert " Nono " Krief (Trust) qui a un " coup de patte " remarquable….

Comment expliques-tu la pénurie d'albums du groupe : trois albums en vingt ans, c'est peu ?
Je mets pas mal d'énergie sur scène. J'attends également pas mal des gens qui m'entourent, ce qui n'est pas toujours facile. Nous ne sommes pas tous battis sur le même modèle.
Pour moi c'est tout ou rien, ce qui est assez difficile pour mon entourage (y compris mes musiciens). Donc je m'entoure de gens qui me temporisent un peu et qui travaillent sur la continuité. Mon principal défaut est d'être impatient. De ce fait, je n'ai pas continué coûte que coûte mon métier de musicien. Là j'ai pris une bonne leçon, je l'ai retenue et maintenant ça va….  extrait de la route66

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Des ch’tis Stocks en vedette américaine
Le groupe a été poussé par l’entourage nordiste du chanteur
« Johnny, c’est le patrimoine, un héros populaire, un truc comme le Tour de France. » Christophe Marquilly, du groupe Stocks.

Le groupe de rock Stocks a longtemps brillé comme le néon d’une brasserie dans la nuit lilloise. Le groupe en avait tiré une fort belle chanson, le Bistrot de Suzy. Puis, en 1987, les plombs du café ont pété, laissant Stocks dans le noir et Suzy toute bête avec son torchon. C’est la légende nordiste qui dit ça. Aujourd’hui, le trio de presque quinquagénaires, aucunement rouillé par quinze ans d’absence, se produit en première partie de 16 concerts de Johnny Hallyday.

Monsieur Hallyday et son producteur, Jean-Claude Camus, ont choisi les trois ch’timis parce que leur musique est un mélange de blues et de rock. Cette musique est idéale pour chanter en coeur et taper du pied. Ecouter Stocks presque vingt ans plus tard, c’est comme mettre un sucre avec du Ricqlès sous la langue : ça chauffe de partout. A vrai dire, l’« idole » connaissait mal Stocks, mais son entourage de fidèles ch’timis (roadies des tournées, accordeurs...) lui a soufflé le nom. Voici comment les choses se seraient déroulées.

« Dans la marge ». Christophe Marquilly, le guitariste et chanteur, ancien volleyeur du club de Tourcoing, a dû se résoudre pendant quinze ans à faire le placier en quincaillerie quand le groupe s’est séparé : « Les bilans, les marges, j’connais. » C’est renversant d’imaginer que cet homme de 48 ans, l’égal d’un Rory Gallagher en quel-que sorte, a vendu des aspirateurs pour faire bouillir la marmite. « A l’époque, il y avait Téléphone en haut de l’affiche, puis Trust et enfin nous derrière. On sortait d’une tournée de 48 concerts dans des petites salles aux Etats-Unis. Je croyais qu’il y aurait du monde pour nous accueillir à Orly... Le lendemain, on nous proposait seulement de faire la première partie d’Indochine à Douai ! J’ai envoyé tout le monde se faire foutre ! » Marquilly s’est assurément fourré le doigt dans l’oeil quand il pensait que la France allait attendre le groupe à la sortie de l’avion qui venait du Texas. « C’est vrai, on a toujours été dans la marge », reconnaît-il aujourd’hui. Alors, entre 1982 et 1984, les Stocks ont produit deux albums ardents, dont un enregistrement en public qui tiendrait de Nine Below Zero, groupe anglais à mi-chemin entre The Inmates et Dr Feelgood. « On a eu de bonnes critiques, puis plus rien. J’en voulais à tout le monde et aux journalistes surtout. »

Mise en sommeil. L’amertume de Marquilly est devenue si grande dans les années 90 qu’il a même rangé sa guitare au grenier. Pour peu, il aurait presque clouté l’étui. Puis chacun est parti dans son coin en reniflant sur ses adieux ratés et cette jeunesse qui a foutu le camp.

Bobby Luccini, le batteur, 47 ans, quatre enfants, a continué à travailler dans la musique, accompagnant ici et là des groupes de blues régionaux. Puis Bobby s’est trouvé une bonne place d’ingénieur du son à Tourcoing. Bobby assure n’avoir « jamais fait le deuil du groupe ». « On vivait six mois ensemble. En fait, on dormait à trois dans le même lit », se souvient-il, amusé. Arnaud Delbarre, 45 ans, le bassiste, s’est mieux débrouillé. Faut dire qu’Arnaud sait y faire. Il a été nommé dans les années 90 à la tête du Zénith à Lille. Comme Stocks fut comparé un temps à ZZ Top, il a confié naturellement au trio texan le soin d’inaugurer la salle. Delbarre a de qui tenir, il est l’un des deux enfants de Raoul de Godewarsvelde, nom emprunté à une localité en Flandre par le père, Francis Albert Victor Delbarre, dit « Raoul ». Ce dernier était un géant à la voix rocailleuse dont le grand succès, Quand la mer monte, a été écrit par Jean-Claude Darnal. Raoul de Godewarsvelde et ses Capenoules ont marqué la culture populaire du Nord-Pas-de-Calais, si bien que les empreintes de Raoul, décédé en 1977, ont laissé des traces partout. Arnaud Delbarre semble avoir moins souffert de la mise en sommeil du groupe. Il a fait de la route depuis : le voilà, depuis deux ans, directeur de l’Olympia, salle parisienne mythique.

En ménage. A la fin des années 90, le trio se voit en coup de vent, et Marquilly déprime. Le comédien Ronnie Coutteure et son épouse font partie des anciennes relations du groupe. Ronnie les presse de se remettre ensemble. Mais Ronnie met fin à ses jours. Les Stocks, après avoir répété « une demi-journée », jouent alors à l’auberge des Hirondelles, appartenant à Ronnie et à sa femme, en décembre 2000. Ils offrent à la veuve la recette de la soirée et se remettent du coup en ménage : « Il y avait 300 personnes qui voulaient entrer. On s’est dit : "Merde, on n’est pas morts !" » Le groupe est tombé à la renverse quand Camus leur apprend l’étonnante nouvelle : « Jamais cela ne nous serait venu à l’idée de se produire en première partie de Johnny. Lui, c’est le patrimoine, un héros populaire, un truc comme le Tour de France », assure Marquilly. Quinze ans après Eclats de rock, sort, l’an dernier, leur troisième album. Les paroles ? Ce n’est pas Saint-John Perse, mais elles disent les petites choses de la vie, et c’est chouette comme tout. La puissance du roquenrolle est sans pareille, puisque avec Stocks le Texas possède désormais une frontière avec Tourcoing. Tout cela pour la plus grande gloire de Jean-Philippe Smet, qui fut belge sous le règne du bon roi Baudouin.

Jean-Louis Le Touzet

Libération - 10 juin 2003
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C
Marquilly a la grosse tête, ce qui lui a été préjudiciable dans sa carrière.<br /> Comme Little Bob, c'est un loser.
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